La lettre de celui qui se môquait (… de l’hyperprésident)

20 novembre 2007 | Mouvement social, Textes

Ma petite faculté chérie, mon tout petit INSERM adoré, mon petit monde académique aimé,

Le CNRS va mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite faculté, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi, comme l’IRD. Certes, le CNRS aurait voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que sa mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser mes étudiants. J’ai embrassé mes deux techniciens sur CDD. Quant au technicien sur poste, je ne peux le faire hélas, car le poste vient d’être supprimé !

J’espère que tout le matériel de mes labos te sera renvoyé, il pourra servir à tous tes étudiants, qui je l’escompte seront fiers de s’en servir un jour. A toi petit monde académique, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite faculté, bien des peines, parce que je défendais la liberté du chercheur et n’étais pas assez servile parfois, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée et défendre la recherche fondamentale. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un scientifique reconnu, mais peut-être ce métier n’existera t’il bientôt plus ?

Quelques dizaines d’années, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec d’autres EPST. Ma petite faculté, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Tu verras, le bonheur sera dans le PRES et pas dans l’ANR, si chercheurs et enseignants-chercheurs savent surmonter leurs vaines querelles.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi ma faculté, mes étudiants, le monde académique, en vous embrassant de tout mon cœur de chercheur. Courage !

Celui qui vous aime.

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 EPST qui allons mourir ! Vive la recherche !

Source : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1737



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